Bienvenue sur le site Vol de nuit

Vous êtes sur la page "Vers un web sémantique ?"


1. Accès rapides :

image : étoile VOL DE NUIT animée
image : logo VOL DE NUIT.net
image : image Avion jaune et texte Prenez de l'altitudePhoto dans les tons jaunes représentant un ciel nuageux et un ancien avion biplan sous lequel est écrit : Prenez de l'altitude

2. Menu d'accès aux 3 grandes rubriques du site :

DES SOLUTIONS INTERNET D'AUJOURD'HUI
POUR DES BESOINS D'AUJOURD'HUI


3. Contenu de la page en cours

Un web pour demain...

Web sémantique : principes et bases

Contenu et utilisateur : quelles relations ?

 Tout au long du siècle dernier la communication par les médias s'est globalement organisée selon le schéma « contenus multiples -> utilisateur unique ». Nous avons en effet assisté à l'émergence chronologique d'une multiplicité de supports distincts (livres, affiches, journaux, radios, cinéma, télévision, puis enfin internet) délivrant chacun des messages différenciés, ou plus exactement des contenus différenciés selon la règle à chaque support son contenu [ définition : contenu | totalité des informations distribuées, indépendamment de l'aspect sous lequel elles seront restituées. ] (il va de soi qu'une annonce presse et un spot radio délivrent deux contenus de type très différents, par exemple un logo pour l'une et un jingle musical pour l'autre), ceci pour des raisons inhérentes à la spécificité de chacun de ces médias en terme d'impact, d'exposition, de surface, de visibilité, de durée de vie, de distance de consultation, de technologie, etc.
  Si la multiplicité de ces supports a entraîné une multiplicité de contenus, l'utilisateur [ définition : utilisateur | personne à qui l'information est destinée et qui la consulte selon des modalités spécifiques à ses propres capacités (physiques, culturelles, technologiques, etc.). ] en revanche est resté unique au sens où il pouvait être défini comme un individu « standard », doté d'une capacité de déplacement moyenne, d'une vision moyenne, d'une audition moyenne, d'une capacité de compréhension moyenne, etc. Ainsi par exemple l'utilisation d'un corps de texte compris entre 8 et 10 points sur la plupart des supports imprimés (livres, journaux, brochures, etc.) correspond à une taille moyenne lisible par un utilisateur moyen à distance moyenne sans nécessiter d'assistance. Par contre-coup, l'utilisateur « non-standard » fut lui contraint de se doter au fil du temps d'outils d'aide et d'assistance (prothèses diverses, lunettes, correcteurs d'audition, outils informatiques, etc.) pour accéder à ces contenus, et donc de se rapprocher ainsi de l' « utilisateur unique » virtuel tel que le définissait le schéma en vigueur. La « révolution numérique » à la fin du vingtième siècle et l'apparition d'internet a été alors prise comme une nouvelle pièce dans le dispositif global de communication, un outil de plus venant s'ajouter aux autres dans l'organisation des contenus différenciés, porteur de ses propres spécificités. C'était alors le règne du site-plaquette, clone numérique de l'édition papier, à quelques fonctionnalités supplémentaires près.
  La limite de ce schéma apparut très vite : un aveugle était condamné à ne jamais accéder au contenu d'un site web, un malade alité à celui d'une campagne d'affichage, un sourd à celui d'une émission de radio, un voyageur à celui de son environnement habituel.

 

  En ce début de vingt-et-unième siècle le schéma tend à s'inverser, remplaçant l'ancien « contenus multiples -> utilisateur unique » par son contraire : « contenu unique -> utilisateurs multiples ». Par contenu unique il faut comprendre que désormais c'est l'intégralité du contenu (textuel, visuel, sonore, etc.) qui tend à être délivrée, et la charge de l'organisation de sa restitution [ définition : restitution | façon dont le contenu devient consultable par l'utilisateur. ] désormais dévolue à l'utilisateur. Des outils lui permettent aujourd'hui d'intervenir directement sur ce contenu : il le trie, il le choisit, il le gère, il l'organise, il en choisit l'aspect, il le sauvegarde ou pas, il l'imprime ou pas, bref : il le restitue à sa convenance. C'est en ce sens que ce dernier devient multiple et différencié : il n'y a plus aujourd'hui un seul utilisateur, mais autant de personnes différentes consultant différemment un même contenu en fonction de nombreux critères. L'évolution des navigateurs [ définition : navigateur | outil logiciel d'affichage de contenu sur écran - le respect ou pas des standards par son fabricant détermine le taux d'altération d'aspect du contenu affiché. ] s'inscrit aujourd'hui dans cette dynamique : par exemple Opera qui permet d'écouter les textes ou d'agrandir les pages entières par un outil loupe, ou encore Firefox qui permet de créer des styles personnalisés prioritaires modifiant la taille et la police des textes, changeant les couleurs de la page, supprimant les images, désactivant les scripts [ définition : scripts | portions de codes indépendantes de la structuration sémantique du contenu, écrits dans des langages informatiques spécifiques (javascript, ecmascript, php, etc.) inclus dans la page et qui apportent des fonctionnalités supplémentaires, par exemple des événements se déclenchant au passage de la souris (javascript) ou l'insertion de contenus différents dans une même partie de la page (php). ] externes, etc.
  Cette modification structurelle dans les schémas de communication a d'énormes incidences sur les manières de produire du contenu. Le rôle du graphiste (metteur en forme) diminue à mesure que celui du sémanticien (metteur en sens) augmente. L'idée générale n'est plus de produire un message différencié (mis en page, mis en son, mis en image, etc.) qu'un utilisateur unique appréhendera tel qu'il a été mis en forme et distribué [ définition : distribution | émission de contenu via un serveur web. ] mais bien de produire un message mis en sens par des langages spécifiques qu'un certain nombre d'outils, aussi différenciés que le sont les utilisateurs, restitueront en fonction du support matériel utilisé : écran d'ordinateur, de PDA ou d'ordinateurs de poche, page d'imprimante, lecteur braille, vocalisation de contenu, outils embarqués (en voiture par exemple) etc. et des préférences [ définition : préférences | possibilité plus ou moins étendue offerte à l'utilisateur de modifier à sa guise l'aspect d'une page affichée à l'écran de son ordinateur : taille, style et teintes des textes, contraste des couleurs, suppression des images ou des scripts externes, etc. ] que l'utilisateur aura choisies. L'exemple de l'outil de restitution embarqué à bord d'une voiture l'illustre bien : si les passagers peuvent consulter un contenu complexe sur écran, le chauffeur devra avoir accès à une version auditive.

Accessibilité et interopérabilité, quelle différence ?

 Cette petite révolution nécessite donc de la part du fabricant-concepteur (webmaster, webdesigner) qu'il devienne de plus en plus organisateur en sens du contenu qu'il a en charge de distribuer. Concrètement ce nouveau schéma conduit à deux types de pratiques professionnelles nouvelles, inconnues jusqu'alors dans nos métiers, qui sont d'un côté l'interopérabilité et de l'autre l'accessibilité.
  L'interopérabilité [ définition : interopérabilité | capacité d'un contenu à être restitué sans altération, quel que soit le support ou l'outil de consultation (navigateurs web, écrans de téléphones ou de PDA, impression papier, vocalisation de synthèse, projection numérique, etc.). ], c'est le premier terme du schéma : le « contenu unique ». C'est ce qui fait que ce contenu sera compatible avec tous les outils de restitution actuels et à venir. Pour la garantir, les instances de l'internet se sont dotées d'un organisme (le W3C, World wide web consortium) en charge de définir les standards de l'internet qui assureront, à la condition que leur côté les fabricants de logiciels les respectent également - ce qui n'est pas encore toujours le cas - que la restitution se réalisera de façon intégrale et non-altérée.
  L'accessibilité [ définition : accessibilité | possibilité offerte à tout utilisateur d'accéder à l'intégralité d'un contenu distribué et à le restituer selon les modalités qu'il aura choisies. ] en est le second terme : les « utilisateurs multiples ». C'est la possibilité pour chacun d'accéder à l'intégralité du contenu et de le restituer à sa convenance : le mal-voyant agrandit textes et images à l'écran, le handicapé moteur consulte du contenu sans souris au seul clavier, le daltonien affiche des gammes de couleurs contrastantes et différenciables, le voyageur le consulte sur son PDA, l'aveugle l'écoute, le sourd le sous-titre, l'étranger le consulte dans sa langue, etc.
  Cet objectif ne peut être atteint qu'à travers une normalisation des standards, la seule à pouvoir garantir simultanément interopérabilité et accessibilité ; une fois ces standards fixés, le fabricant-concepteur doit organiser le contenu en fonction de ceux-ci. Il y a donc implicitement une obligation de séparation complète entre le contenu et sa mise en forme, puisque celle-ci pourra être transformée à volonté par l'utilisateur en fonction de ses propres critères et préférences (utilisateurs différenciés). La mise en forme graphique, sonore, textuelle ou autre n'étant plus à considérer comme partie prenante du contenu mais comme une « couche » complémentaire, le travail du graphiste se réoriente vers une mise en forme non plus du contenu lui-même, mais des bases sémantiques [ définition : sémantisation | utilisation particulière et rationnelle des balises pour générer du sens et non de l'aspect : lorsque la restitution s'effectue sur un outil non-graphique, le contenu n'est pas altéré mais adapté. ] sur lesquelles ce contenu s'organise, notamment à travers son découpage en « blocs sémantiques ». Cette mise en sens est ce que le graphiste opérait autrefois indistinctement dans le process de mise en forme, en mettant par exemple le titre beaucoup plus gros, les différents textes en tailles moyennes, et en organisant des associations de couleurs et d'images pour accroître la lisibilité et la compréhension globale du message.
  Cette mise en sens hiérarchique étant indépendante de la restitution finale (on ignore a priori sous quelle forme celle-ci sera effectuée), elle est dévolue au système de balisage [ définition : balisage | préformatage sémantique d'un contenu qui indique à l'outil de restitution comment traiter et restituer ce qui est inclus dans les différentes balises présentes dans le flux. ] du langage utilisé. Pour HTML [ définition : HTML (Hyper-text mark-up langage) : langage de base du web construit sur un système de balisage structurant le contenu global en éléments différenciés - l'utilisation de ces balises pour conditionner l'aspect visuel est aujourd'hui obsolète, on lui préfère une utilisation sémantique, notamment à travers sa version XHTML (Extensible hyper-text mark-up langage). ] par exemple, peu importe que

(balise de titre de premier niveau) soit restitué sous forme de titre plus gros, prononcé plus fort ou apparaisse nettement séparé du reste dans le flux [ définition : flux | ordre dans lequel le contenu est distribué - les sites non-conformes aux standards distribuent un flux à priorité visuelle, c'est-à-dire où l'aspect graphique conditionne l'ordre de distribution et d'apparition. À qualité graphique égale et à aspect strictement équivalent, un site conforme distribue le sens avant l'aspect, ce qui rend le site compatible avec les outils de restitution alternatifs (auditifs, etc.). ] des données, puisqu'à

n'est plus affecté une valeur de rendu (par exemple une couleur rouge et un corps 36 px) mais un certain nombre d'attributs dont l'un est sa taille d'affichage [ définition : affichage | mode de restitution de contenu sur écran - l'affichage peut-être en mode graphique (images, couleurs, mises en page, animations multimédia, etc.) ou en mode textuel (textes les uns en dessous des autres, s'appuyant ou pas sur le balisage HTML pour différencier ou pas les niveaux hiérarchiques et sémantiques du contenu). ] sur un écran d'ordinateur, non pas en taille absolue puisque chaque utilisateur a la liberté de lui affecter la valeur qu'il souhaite en regard de ses propres besoins, mais en taille relative :

se positionne ainsi sémantiquement par rapport à

qui lui est inférieur hiérarchiquement, et non plus comme élément autonome indépendant du sens qu'il porte. Pour un aveugle ou un mal-voyant, la balise

pourra par exemple être restituée précédée de l'indication [ voici le titre : ], et pour une écoute vocale (radio, navigateur auditif) par un jingle spécifique, etc.
  Définir les différents attributs aspectuels des balises est le rôle de feuilles de style, dont CSS [ définition : CSS (Cascading style sheets = feuilles de styles en cascade) : série d'instructions précisant à l'outil de restitution comment mettre en forme le contenu distribué - CSS est typiquement l'outil adapté à la description de l'aspect que devra prendre tel ou tel élément du flux : couleur, position, visibilité ou invisibilité, etc. ] est un modèle bien adapté au rendu visuel sur écran et, dans une moindre mesure pour la norme actuelle (CSS2), au rendu imprimé ou auditif. CSS3, notamment par l'extension des attributs affectés à speech, permettra à terme une meilleure audibilité des contenus

Mise en forme ou mise en sens, quelles incidences ?

 Entre un piéton urbain qui consulte une affiche culturelle sur un mur et un piéton urbain qui consulte les offres culturelles du jour sur son téléphone portable, la différence n'est pas technologique, elle est dans l'inversion, annoncée dès le début, de la relation contenu-utilisateur : d'un contenu démultiplié (l'affiche) pour un utilisateur unique (le piéton) elle devient un contenu unique (balisé sémantiquement en vue de restitution) pour un utilisateur multiple (piéton, malade alité, voyageur distant, aveugle, etc.) où l'utilisateur différencié est en réalité un utilisateur s'auto-différenciant. Cette autonomisation de l'utilisateur par rapport au média autrefois imposé impose à son tour une prise en compte de cette dynamique par les auteurs de contenu d'abord, mais plus encore par les « metteurs en sens » de ce contenu.
  La sémantisation du contenu autorise le tri préalable, via entre autres la multiplication de feuilles CSS, du type d'attributs de contenu à distribuer. Ainsi par exemple un aveugle n'a pas besoin de recevoir la plupart des informations de couleurs, une imprimante d'instructions vocales ou un téléphone portable les règles d'affichage dédiées aux écrans d'ordinateurs. Le schéma « contenu unique -> utilisateurs multiples » montre ainsi toute sa pertinence et son efficacité en limitant, à contenu égal, les informations délivrées aux seules utiles et nécessaires.

  Les concepts de « dégradation gracieuse » (graceful degradation) et d' « enrichissement progressif » (progressive enhancement), souvent utilisés pour décrire les stratégies de support de navigateurs (voir plus bas : mode « quirks »), deviennent alors pleinement pertinents. La démarche consistant à produire un web orienté écran allant vers la dégradation en restitution alternative (jusqu'à quel point de tolérance ?) est progressivement remplacée par la production d'un web orienté sens s'enrichissant de façon progressive selon l'outil de restitution, lui-même orienté vers un accroissement progressif de l'enrichissement du contenu (on peut par exemple comparer les différentes versions des navigateurs historiques ou encore l'évolution des capacités d'affichage PDA, etc.).

(Extrait Document de travail W3C Directive Accessibilité aux contenus Web2.0 :

Globalement, le but est de créer des contenus Web perceptibles, utilisables et compréhensibles par la plus grande partie possible des utilisateurs, compatibles avec la grande diversité des technologies d'assistance, et ce aujourd'hui comme à l'avenir. Les principes de base sont :

1. Le contenu doit être perceptible ;

2. Les éléments d'interaction doivent être utilisables ;

3. Le contenu et les commandes doivent être compréhensibles ;

4. Le contenu doit être assez robuste pour fonctionner avec les technologies actuelles et celles à venir.)

Moyens et résultats, quelles obligations ?

 En terme de pratiques, l'intéropérabilité du « contenu unique » relève d'une obligation de résultat, c'est-à-dire qu'il appartient au fabricant-concepteur de mettre en oeuvre les méthodes et outils pour l'obtenir, la maintenir et la garantir dans la durée. Il doit s'assurer que le contenu distribué pourra être restitué sans altération [ définition : altération | perte d'information ou dégradation plus ou moins importante d'un contenu - un exemple classique est le menu déroulant qui s'ouvre au passage de la souris : on estime à environ 7 ou 8% le nombre de navigateurs où la fonctionnalité javascript pour l'ouvrir est désactivée... concrètement cela signifie que 7 à 8% de vos visiteurs sont incapables de l'utiliser, et donc de consulter votre site - un autre exemple est la différence d'affichage du même contenu sur des navigateurs différents, liée au non-respect des standards par certains éditeurs de logiciels. ] par les différents supports de consultation : les navigateurs internet sur différentes plateformes (Windows, Linux, Mac) et selon leurs versions, les lecteurs vocaux d'écrans, les PDA, etc. L'accès au contenu par les « utilisateurs multiples » relève en revanche de l'obligation de moyens, c'est-à-dire de tout mettre en oeuvre pour que la restitution une fois effectuée puisse être compréhensible et utilisable par l'utilisateur, sachant qu'il appartient à celui-ci en dernier ressort de s'équiper en conséquence.
  Il y a donc non seulement inversion entre « contenus multiples -> utilisateur unique » et « contenu unique -> utilisateurs multiples » mais aussi entre obligations : dans le cas précédemment cité du piéton consultant une affiche sur un mur, le graphiste a une obligation de moyens (tout mettre en oeuvre pour qu'elle soit vue et comprise) mais pas d'obligation de résultat : l'utilisateur à qui manque la motricité, la vue, etc. n'accédera jamais au contenu affiché ; la charge de pallier à ce problème revient à l'utilisateur et il n'y a résultat (le message est reçu) que s'il s'en donne les moyens humains ou technologiques. Le jeu des obligations se retrouve aujourd'hui inversé : nous avons aujourd'hui l'obligation de résultat (le contenu doit pouvoir être affichable sur un portable consulté dans la rue comme sur tout autre support de restitution) et l'utilisateur celle des moyens (à lui de choisir un équipement en conséquence dans la gamme offerte par le marché)

Sens et aspect, qui porte l'autre ?

 Héritage de notre métier de graphistes où c'est l'aspect qui porte le sens (c'est d'être en corps 36 qui donne à un texte quelconque parmi d'autres son statut de titre), le webdesign se heurte aujourd'hui à la multiplicité des utilisateurs et aux potentalités technologiques de restitution. La question du devenir du web s'est posée en termes d'outillage : qu'allait-on faire d'HTML et de ses balises ? L'émergence du langage XML (Extended Mark-up Language) aux balises dynamiques, définies par l'auteur lui-même, est à l'origine de la notion de « web sémantique ». L'idée était qu'à partir du moment où le contenu ne se structurait plus selon un aspect mais selon un sens (une balise XML ou ne porte strictement aucun aspect ni rendu formel*) on s'acheminait vers une obsolescence du HTML « classique ». Le W3C opta pour la définition d'un nouveau langage, le XHTML (Extended Hyper-Text Mark-up Language), une sorte d'« XMLisation » du HTML.

 Basé sur HTML et ses balises il permet la pérennité des sites anciens (un navigateur moderne restituant XHTML reconnaît toujours HTML) mais a déprécié et rendues obsolètes toutes les balises HTML strictement dédiées à l'aspect des objets : qui décrit à quoi ressemblent les textes, qui précise qu'un texte doit apparaître en gras,

qui centre un objet dans un espace donné, etc. Basé sur XML il a hérité de celui-ci toute la sémantique de son balisage mais aussi son point le plus délicat : l'obligation de produire un code extrêmement rigoureux selon des normes strictes où toute erreur est systématiquement rejetée. Si dans HTML on pouvait se permettre de ne pas refermer une balise

par exemple, XHTML renvoie une erreur. Cette intolérance absolue a pourtant du bon puisqu'elle permet à un logiciel particulier, développé dans ce sens, de vérifier si un site web est exempt d'erreurs ou pas : le validateur [ définition : validateur | outil logiciel analysant la structuration d'un document web et déterminant si cette structuration est conforme aux standards W3C). ]. Une page web dite « valide W3C XHTML » est une page conforme aux normes et aux standards et ne comportant aucune erreur. Quand un navigateur tombe sur une erreur (qu'elle soit HTML ou XHTML) il bascule dans ce qu'on appelle le mode « quirks », c'est-à-dire qu'en l'absence de directive claire, il s'autorise à apprécier lui-même la valeur de restitution à affecter à l'objet erroné. Dans un certain nombre de cas l'affichage sur un écran d'ordinateur se fera malgré tout correctement, dans un certain nombre d'autres le résultat présentera des aberrations d'affichage, voire même ira jusqu'à l'absence complète d'affichage.

 À une époque où Explorer et Netscape se partageaient le marché il était facile de détecter quelles erreurs l'un et l'autre restituaient et d'agir en conséquence par des écritures spécifiques de lignes de codes ou de scripts appropriés. Avec l'émergence de nouveaux navigateurs (Opera, Firefox, Safari, K-meleon, Sunrise, Omniweb, etc.), le foisonnement des versions (IE4, 5, 5.2, 5.5, 6, 7...), l'apparition d'outils alternatifs de restitution (PDA, ordinateurs de poche, téléphones portables, tablettes braille, lecteurs vocaux, etc...) il n'est plus possible de garantir une restitution correcte hors standards. Tout l'intérêt de la validation réside donc dans le fait que si un site valide ne s'affiche pas correctement, c'est l'outil de restitution, n'implémentant pas correctement ces derniers, qui est en cause. À l'utilisateur, conformément à la clause d'obligation de moyens, d'opter pour le meilleur outil de restitution disponible.

 Le balisage XHTML dit « sémantique » considère qu'un objet contenu dans ses balises est à restituer en tant que sens et non plus en tant qu'aspect. Par exemple la balise HTML (bold, gras) a été abandonnée et remplacée par la balise XHTML (fort). Le navigateur confronté à cette balise partira chercher des instructions dans les « couches d'aspect » associées à la page en cours. Si il y est dit que signifie un corps plus grand, ou une couleur plus sombre, ou une voix plus forte, ou passer tout le texte en gras, il exécute l'instruction. En l'absence d'instruction claire il passe en mode « quirks » et décidera de lui-même de rendre le texte en gras. La différence entre et n'est donc pas, comme on l'entend dire parfois, que l'un est la version XHTML de l'autre (même si au final c'est souvent le même résultat qui est obtenu à l'écran) mais que décrit un aspect alors que porte un sens. « Gras » est typiquement une instruction de mise en forme faisant sens pour elle-même, alors que « fort » décrit qu'un objet (en l'occurrence un mot) doit se détacher des autres qui l'entourent, mais sans jamais préciser comment... Il y a donc « balisage sémantique » au sens où l'instruction précise du sens sans jamais préciser d'aspect. La suppression de dans les spécifications W3C montre dans quelle direction l'internet s'oriente aujourd'hui : la mise en forme graphique d'un objet n'est plus qu'une de ses restitutions possibles.

(changer | ...encore | et encore...)

 

* XHTML 2.0, en cours de constitution, devrait s'orienter vers ce type de balisage à sémantisation accrue.

En bref, quelle conclusion ?

 Cette double inversion représente l'avenir de l'accès aux contenus. Un site qui s'inscrit aujourd'hui dans cette nouvelle dynamique et intègre cette démarche dès sa conception est à la fois :
  • performant (garantie de restitution non-altérée quel que soit l'outil de consultation)
  • rapide (la suppression dans le contenu des attributs d'aspect allègent les pages - parfois jusqu'à 60% de réduction de poids - et rend ainsi le site plus rapide à afficher)
  • optimisé (la séparation du contenu et de sa mise en forme permet l'autonomisation de leurs gestions respectives)
  • pertinent (des CSS séparées pré-restituent un contenu adapté aux divers modes de consultation)
  • économique (un seul contenu est produit, contre autant qu'il y avait de médias autrefois)
  • rationnel (interopérabilité des échanges et restitutions de flux)
  • efficace (le référencement du site dans les moteurs comme Google est largement accru par sa sémantisation)
  • mutualisable (CMS [ définition : CMS | contenu mutualisé - sur un site moderne, le contenu entièrement distinct de son aspect final simplifie à l'extrême la mutualisation contributive par les différents auteurs et fournisseurs de contenus. ] simplifié par la séparation complète forme-contenu)
  • citoyen (accès à tous à l'intégralité du contenu)

 

Note 1 : la définition de « web sémantique » telle qu'exposée dans ce texte est sujette à débat. Pour un certain nombre de personnes elle ne devrait être utilisée qu'en structuration XML de contenu (balises dynamiques). La description et l'utilisation des balises HTML préconisées dans cet article se rapprochant d'une utilisation XML, justifiant ainsi pleinement le sens originel de XHTML (HTML + XML), le terme « web sémantique » s'applique à notre démarche, même si en l'état les balises HTML sont structurellement incapables de dépasser leurs fonctions natives, et donc d'atteindre une « sémantisation absolue » - tout au moins tentent-elles de s'en rapprocher... D'autre part l'émergence récente de nouvelles pratiques (parfois appelées Web2.0 pour marquer un saut qualitatif), passant notamment par la sémantisation des attributs de balises (par exemple appeler de façon normée l'objet décrivant l'identité d'une personne

plutôt que
ou
, c'est-à-dire ajoutant du "sens" à ce qui jusqu'alors n'en avait pas) permettant une indexation et une recherche plus rapide ainsi qu'un interconnexion entre contenus plus efficaces, ou l'utilisation de langages de type AJAX autorisant de nouvelles relations entre serveurs et ordinateurs, préfigurent un web plus proche d'un "Desktop collectif". Il s'agit là de définitions du web sémantique encore en chantier.

Note 2 : toute utilisation de l'intégralité ou parties importantes de ce texte pour des raisons commerciales ou autres est interdite sans autorisation préalable.

 

Citation

"Le Web sémantique est une extension du Web dans lequel toute information est bien définie, ceci permet aux données d'être exploitées par des machines pas seulement pour être affichées mais également pour être intégrées ou réutilisées dans d'autres applications. Les entreprises qui adoptent des éléments du Web sémantique dès à présent seront mieux positionnées pour augmenter leur audience avec le développement de cette nouvelle technologie". Didier Barzin

 

Votre opinion...

Laissez votre opinion sur la question dans la page mon.opinion

 

 

À consulter également

TOPACCESS : Nos sites orientés Accessibilité.

SMARTNET : Votre site consultable sur PDA et téléphone portable, la clé de l'avenir du web...

mon.opinion : Laissez votre opinion sur la question...


4.Colonne d'informations annexes

Fil d'ariane

A consulter :

Sur cette page...

En passant la souris sur les textes surlignés en gris vous ferez apparaître leur définition Ceci permet d'avoir la définition immédiatement derrière le mot en restitution textuelle ou auditive, et de ne l'afficher qu'à la demande en restitution graphique.


5. Outils divers :

Vol de Nuit : 1 rue des petits champs, 67300 Strasbourg-Schiltigheim  |  Tél 03 88 18 90 20  |  Fax 03 88 18 90 21 |